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COVID-19 : LE CRARR DEMANDE AUX GOUVERNEMENTS DE RECUEILLIR LES DONNÉES SUR LA RACE, LA LANGUE ET LE NIVEAU DE REVENU DES PERSONNES AFFECTÉES



Montréal, 30 avril 2020 — En raison du nombre disproportionnellement élevé de cas de COVID-19 dans plusieurs quartiers multiethniques de Montréal, le CRARR demande aux autorités fédérales et provinciales de santé publique de compiler les données sur la base de la race, de la langue et du niveau de revenu des personnes affectées, afin de mieux évaluer les besoins et de mieux cibler l’aide apportée aux milieux les plus touchés.

En formulant cette demande, le CRARR joint sa voix à celles de nombreux organismes à travers le Canada, dont les municipalités de Toronto et Peel en Ontario. À Montréal, des groupes communautaires et syndicats des employé-e-s du secteur de la santé à Montréal ont commencé à s’inquiéter d’un impact disproportionné du coronavirus dans les milieux multiraciaux ou économiquement désavantagés (voir Feuillet d’information).

« Alors que seules sont connues les données sur l’âge et le genre des patients, nous sommes préoccupés par l’incidence d’infection dans ces milieux. Il n’y a pas de données basées sur la race, la langue ou le niveau du revenu pour mieux mesurer le taux d’infection et de décès dans une ville aussi multiethnique et multiraciale que Montréal », a déclaré Fo Niemi, directeur général du CRARR.

« Les chiffres montrent que les communautés noires et hispaniques aux États-Unis et les communautés noires et asiatiques au Royaume-Uni, sont affectées de manière disproportionnée par la COVID-19. Or, ces groupes vivent aussi de graves problèmes de pauvreté, de logement inadéquat et d’accès insuffisant aux soins de santé. Nous croyons que ces facteurs systémiques existent aussi à Montréal et que des données plus précises nous aideraient à développer des ressources pour mieux répondre aux besoins criants de ces communautés », a ajouté M. Niemi.

Le CRARR veut particulièrement souligner la situation difficile des travailleuses de la santé telles les préposées aux bénéficiaires dans les hôpitaux, les CHSLD et les résidences pour les aînés, en grande partie des femmes racisées (noires, asiatiques, latino-américaines et arabes) et immigrantes. Ayant travaillé à leur côté depuis plus de 10 ans dans leur combat contre la discrimination systémique basée la race et le genre dans l’emploi, le CRARR estime que leur sécurité au travail doit être parmi les grandes priorités des autorités.

Pour le CRARR, la collecte des données sur la race, la langue et la niveau de revenu, en lien avec la COVID-19, n’est pas différente de ce qui existe déjà dans le domaine de l’accès à l’égalité dans l’emploi. Au Québec, la loi exige que les employeurs publics et parapublics, tels les hôpitaux et les universités, mettent sur pied des programmes d’accès à l’égalité dans l’emploi pour les minorités visibles et ethniques, les femmes, les autochtones et les personnes handicapées et à cette fin, des données segmentées par groupe sont collectées et compilées pour mesurer la représentation de ces groupes.

Comme le souligne Alain Babineau, conseiller du CRARR, « tout comme nous avons réussi à déterminer le rôle du SPVM dans les actes de profilage racial contre les Noirs, les Arabes et les autochtones, un examen plus détaillé du taux élevé de COVID-19 dans des quartiers diversifiés permettra de relever des disparités raciales en matière de santé, de logement, d’éducation et d’emploi pour ces populations.
Des précédents existent déjà, c’est légal et tout ce dont nous avons besoin, c’est la volonté politique », dit M. Babineau.

Avec cette demande de collecte de données, le CRARR insiste sur la nécessité de règles strictes pour protéger la confidentialité des patients et pour prévenir les usages abusifs de l’information ainsi recueillie. Il réclame aussi des mesures de lutte contre les discriminations reliées au coronavirus et fondées sur la race, le statut de citoyenneté, le niveau du revenu et le handicap, répartis selon le genre, notamment les actes haineux dirigés contre les personnes d’origine asiatique en lesquelles certains voient des boucs émissaires responsables de la pandémie.

Finalement, le CRARR revendique des ressources additionnelles pour les secteurs touchés par les inégalités raciales, sociales et économiques.

L’appel du CRARR est appuyé par de nombreux experts en sciences sociales, des organismes communautaires et des élus (voir Liste).

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Liste d'appuis COVID-19 données sur la race.pdf66.44 KB
COVID-19 Données 28.04.20.pdf61.75 KB